Intro
La semaine dernière, entre femmes, on épluchait à la veillée près du feu, les haricots secs . Vous savez au début, on découvre la récolte. on ouvre la cosse, on fait glisser les haricots entre ses doigts. On admire les formes, le coté lisse, la couleur des haricots mais au bout de 3/4 haricots , on décolle! on se raconta des histoires entre nous…celle qui me marqua le plus fut celle de l’érable pourpre d’Isisdanne. ….
Vous savez Isisdanne, c’est celle qui habite en haut de la colline au fond d’un grand parc qui s’ouvre sur un cèdre bleu…
Un jour Isisdanne eut envie de planter des fruitiers, histoire de glisser de l’ornement à l’utilitaire.
Elle demanda aux arbres s’ils étaient d’accord pour accueillir dans leur proximité ces nouveaux venus.
Autant que les arbres cohabitent dans la sérénité…
Une fois plantés, ils n’ont pas de jambes pour aller ailleurs!!!
Tout se passa bien jusqu’à ce qu’elle présente le pommier
à l’érable pourpre.
L’érable rugit de toutes ses feuilles rouges. Il rejetait ce voisin .
chacun son territoire. Pas d’ombre sur son sol.
Elle eut beau parlementé, lui vanté la compagnie d’un jeune pommier … rien y faisait. Ses feuilles tremblaient de colère .
Elle comprenait soudain pourquoi un jeune arbre n’avait pas réussi à s’installer près de lui . Il était tombé déraciné au premier grand vent venu…
Isisdanne chercha comment elle pouvait l’amadouer…
Elle se souvint alors qu’un indien des hautes montagnes de Bolivie lui avait laissé un coffre de trésors pour le petit peuple . Elle en ressortit des feuilles d’or et autres graines colorées
L’érable serait sans doute honoré . le cadeau l’assouplirait peut être
Il reçut 2 feuilles d’or sur le tronc , une face à l’est ,
L’autre face à l’ouest.
Elle attendit sa réaction. Il sembla surpris . Son écorce se desserra.
Elle représenta son jeune pommier tout attendrissant, nu , sans terre à ces racines…sans feuille à ses branches, fragile, ce jeune arbre était tout intimidé, …tout penaud, de mettre son grand frère dans un tel état.
L’érable pourpre ajusta ses branches et brindilles .
IL confia ses exigences. Il lui fallait une plante entre le fruitier et lui qui ferait tampon…
Elle proposa de planter des lavandes à mi chemin entre les 2.
Un accord fut établi.
le pommier fut planté.
des lavandes à mi chemin établirent une séparation aux douces fragrances .
Isisdanne était rassurée.
Le temps passa, l’herbe poussa.
Le temps passa, les lavandes furent envahies d’herbes
Le temps passa et la tondeuse coupa herbes et lavandes
Ainsi les lavandes moururent .
Isisdanne s’inquiéta pour son jeune arbre tout fragile comme un bébé dans sa première année de plantation…
Chaque fois qu’elle allait arroser le pommier, elle complimentait l’érable . Elle comptait ainsi remplacer le parfum des lavandes… elle espérait les lui faire oublier…
En fait , c’est elle qui oubliait…
et oui ! elle oubliait qu’ elle avait fait un cadeau à l’arbre et aux lutins du jardin… elle leur avait aussi semé quelques graines toutes colorées pour décorer leur petites maisons
Les lutins avaient repérés que les lavandes avaient été coupées sous la lame de la tondeuse… et que les odeurs d’essence très désagréables aux plantes raffinées les avaient totalement achevées…
Les lutins avaient convenus entre eux de trouver une autre plante pour maintenir le pacte avec notre érable pourpre . Une espèce aux vertus adoucissantes. Un sénéçon Jacobée
Le temps passa.
2 l’érable amoureux
Un jour, au printemps bien avancé, en jardinant dans ce secteur,
Isisdanne s’arrêta de surprise: Notre arbre pourpre était amoureux…
Il aimait une plante toute frêle mais déjà haute, qui s’était installée à ces pieds…Un séneçon Jacobée la première venue au jardin!
cette plante n’était pas là par hasard du tout… Il suffisait de regarder la fierté des lutins …
La plante fleurissait pour lui de soleils d’or. Elle se sentait féminine, dressée tout contre son tronc.
L’arbre penchait ses branches vers elle dans une attitude protectrice. .
Les tourterelles avaient posé leur nid dans cette belle complicité
Dommage, pas possible de prendre une photo de cette vision !
Isisdanne avait envie de savoir ce qui s’était passé pour lui.
3 Comment était il passé de la colère à la tendresse? Elle l’interrogea.
Au bout de quelques instants, il faut toujours un peu de temps pour parler avec les arbres, elle reçut sa réponse.
« Tu vois , je vis juste à côté des voisins.
Juste à côté de la haie qui les fache. Alors , surtout moi qui est une nature pourpre plus que verte…, je voyais rouge , mauvaise humeur cadencée par les moteurs du bricoleur voisin, toute cette ardeur bruyante m’entrainait à sortir mes racines de leur gond, avec le levier de tes agacements..…
Un jour , j’ai entendu tant de rires d’enfants chez le voisin que j’ai eu envie d’être aussi joyeux qu’eux… j’ai moins tendu mes feuilles vers les bruits …j’ai détendu mes racines .
En fait, c’était déjà l’effet de ma plante chérie qui rafraichissait ma seve
La graine avait besoin d’une belle ambiance pour grandir …
Elle aussi, ma chérie, avait envie de sons joyeux , de ma bonne humeur pour me rejoindre hors du sol jusqu’à mi hauteur de mon tronc… «
(là encore, regardez le sourire de connivence des lutins, ils ont orchestré cette rencontre amoureuse …)
Isisdanne exprima son émerveillement et vint souvent leur rendre visite d’autant que cette fleur donnait sans compter ces mille et une pétales jaunes.
L’amour dura l’espace de l’été….
Hélas cet amour n’empêcha pas la fanaison…
Le séneçon, sa fleur bien aimée, à ses pieds, avait fini sa saison.
La plante était désormais desséchée, grise… morte!
L’érable était en deuil…Il était veuf…Il se sentait seul , plus seul que jamais.
Il appelait de l’aide autour de lui mais tout se fanait .Il perdit ses feuilles.
« _C’est alors, confia-t-il que je regardais mieux vers le ciel…
Je vis les étoiles scintiller. Elles me confièrent que je pouvais aussi m’occuper ….
_ M’occuper? je cherchais ce que je pouvais faire….
Non loin, Les chênes inondaient leur territoire de pluie de glands
Le cèdre épaississait le silence… mais moi? Qu’Est-ce qui me ferait plaisir ??
Un jour de bise, mes brindilles furent parcourus de doux frissons…
C’était presque musical ce vent dans mes branches. Je retins mon souffle. J’avais trouvé : j’allais peigner les pensées ….
Depuis ce jour, je peigne les pensées aux sons de la musique du vent dans mes branches. mes brindilles frissonnent de plaisir au passage…Ma sève en est toute ragaillardit…
Mon monde s’est ouvert.
L’ érable pourpre de colère était devenu un arbre maitre bien dans son écorce, heureux
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